La Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc dont l’apothéose rentrera à coup sûr dans les annales de l’histoire du football africain ce dimanche 18 janvier 2026 au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, a été un grand rendez-vous du football africain qui est la plus grande fête qui rassemble autant de milliers de fans de différentes nations que de téléspectateurs à travers le monde. Pour le Royaume chérifien, il ne s’agit pas seulement d’un évènement sportif, mais de l’aboutissement d’un long chemin marqué par des désillusions répétées, des efforts colossaux et d’une vision stratégique de développement du football bien élaborée et rigoureusement implantée.
Le Maroc, souvent freiné par des échecs répétés en CAN, a su transformer ses revers en levier de développement, bâtissant pas à pas un tissu infrastructurelle et base institutionnelle devenue une référence sur le continent.
Les échecs répétés, une mémoire difficile à rappeler, mais pleinement assumée
Depuis son unique sacre en 1976 en Éthiopie, le Maroc a connu une série de désillusions en Coupe d’Afrique des Nations frisant parfois de manière cumulée humiliation et malédiction. Éliminations précoces, défaites inattendues comme celle subies en 1988 à domicile face Cameroun en demi-finale et l’Algérie pour la 3è place, incapacité à franchir plusieurs caps décisifs, autant de péripéties qui ont longtemps nourri une frustration devenue nationale. Pourtant ces échecs n’ont jamais découragé le peuple marocain ni ses institutions. Au contraire, ils ont forgé une résilience et une détermination à transformer le football en véritable projet de société.
Le tournant stratégique : investir pour durer
Très conscient des différents enjeux géopolitiques et géostratégiques de notre ère où le sport est devenu un outil de démonstration de puissance, et sachant bien que le succès ne peut être le fruit du hasard, l’État marocain a engagé une politique ambitieuse de financement massif et de développement des infrastructures sportives. Ainsi il a été programmé et surtout implémenté :
- Des infrastructures de proximité à travers des terrains modernes de tailles modestes qui ont été construits dans la quasi-totalité des quartiers des différentes villes marocaines, sous le contrôle et la supervision des mairies et des préfectures. Ces espaces de formation accessibles à tous les jeunes, quelle que soit la classe sociale, ont permis de démocratiser la pratique du sport et du football en particulier.
- Des infrastructures de classe mondiale à travers des stades aux normes internationales figurant parmi le plus grands et les plus beaux du continent qui ont été construits et d’autres qui sont en cours de construction au regard des ambitions démesurées du Maroc de rivaliser avec les plus grands pays du monde sur le plan infrastructurel avec en prime la co-organisation de la Coupe du Monde FIFA 2030 avec l’Espagne et le Portugal.
Cette stratégie pensée et exécutée avec rigueur, a permis de créer un écosystème où le talent peut éclore et se perfectionner loin des maux qui minent une certaine jeunesse de certains pays qui ont cru devoir se baser uniquement de leur passé glorieux, abandonnant l’essentiel entre des mains inexpertes obnubilées par le goût du gain facile, de la corruption généralisée et de la tricherie à grande échelle. Le Maroc n’a pas seulement investi dans le sport, mais dans une vision intégrée. Le football est devenu un vecteur d’éducation, de cohésion sociale et de diplomatie sportive. La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), soutenue par l’État, a mis en place des programmes de formation, de détection et de professionnalisation qui structurent durablement le paysage footballistique.
Le Maroc n’a jamais renoncé et certains compatriotes ni une certaine presse ne se sont jamais acharnés sur le président de la Fédération Royale Marocaine de Football en lui faisant porter toutes les responsabilités des déconvenues répétées de la sélection nationale. Les échecs en CAN, ont été des étapes, non des finalités. En Janvier 2026, le Royaume chérifien espère transformer l’attente en consécration, en inscrivant son nom dans l’histoire comme celui d’un pays qui a su faire du football un projet national, une vitrine de dignité et un puissant facteur de développement.
Éric Moïse NKOUANDOU M.